Chapitre DEUX

 

 

Conversion et appel

 

 

Même si dès l'enfance de William Branham nous pouvons constater la main surnaturelle de Dieu le préservant à cause de cet appel futur, il est nécessaire d'ajouter qu'il n'était pas pour autant enclin à devenir pieux.

Au contraire, nul doute que tous les éléments concouraient pour en faire un buveur et un voyou.

Son tempérament batailleur lui aurait vite fait prendre le chemin de la prison avec un dossier chargé où on aurait pu y lire : "Père ivrogne, contrebandier d'alcool.

Mère métisse, cause de discrimination.

Elevé dans un milieu pauvre et défavorisé.

Victime d'agressions mineures continuelles. Dans un moment de rage, a tué un compagnon d'école et en a blessé deux autres avec une arme à feu." 

 Mais notre Dieu souverain en avait décidé autrement, et une fois de plus, on ne peut qu'avouer la véracité de l'Écriture lorsqu'Elle dit: Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qui sont méprisées (...) en sorte que nulle chair ne se glorifie devant Dieu Dans ce deuxième chapitre, nous verrons comment le Seigneur va l'amener face à face avec les réalités de la vie, de la mort et de l'éternité. Laissons-le donc nous raconter. 

 

Accident de chasse

 

 

                Une fois, j'avais quatorze ans, j'étais en train de chasser, ce qui semble être une deuxième nature chez moi: l'amour de la chasse. J'étais parti chasser avec un garçon du nom de Jim Pooles; c'était un jeune homme aimable. Jimmy et moi avions dormi ensemble, vécu ensemble depuis que nous étions des petits garçons à l'école; et Jimmy laissa un coup partir de son fusil de chasse et me tira dans les jambes à bout portant. Je fus transporté à l'hôpital et j'étais couché là, mourant. Il n'y avait pas de pénicilline, ou quoi que ce soit, en ce temps-là. On glissa un drap de caoutchouc sous moi et je sus cette nuit-là qu'on allait m'opérer le lendemain matin. Ils nettoyèrent simplement la plaie et les gros morceaux de chair déchiquetée. Ils prirent des ciseaux et ils coupèrent cela. Pendant l'intervention, je dus tenir les mains d'un homme et quand ils eurent terminé, on dut m'arracher de force des poignets de cet homme.

                J'ai crié et pleuré en me cramponnant alors qu'ils coupaient ces lambeaux de chair de ma jambe. Après avoir pris une radiographie, ils avaient dit que le coup avait passé si près de l'artère, de chaque côté, qu'une simple petite égratignure la percerait et que je commencerais à saigner. Cette nuit-là, j'essayai de m'endormir; subitement quelque chose gicla. Il y avait du sang partout, environ deux litres étaient sortis de mes veines. "Eh bien" pensai-je, "ma fin est arrivée".

                J'étais couché dans mon propre sang. J'appuyai sur la sonnette. L'infirmière arriva et l'épongea simplement avec des linges, parce qu'on ne pouvait rien faire d'autre. Et le matin suivant, dans cet état de faiblesse (on ne faisait pas de transfusion sanguine en ce temps-là, vous savez), on m'opéra.

                Lorsque les effets de l'éther eurent cessé, quelque chose m'arriva. Alors que je revenais doucement à moi, subitement j'entrai dans une condition d'inconscience. Je pensai que j'étais en enfer.

                Premièrement, je traversais comme des nuages et ensuite, des ténèbres et je descendais toujours plus bas, plus bas, plus bas. Et tout à coup, j'entrai dans les régions des perdus. Et là, je criai et je regardai, et il n'y avait pas de fond à cela. Dans ce lieu, je ne pouvais jamais m'arrêter de tomber - pour l'éternité. Il semblait que j'allais tomber, sans qu'il n'y ait nulle part d'arrêt possible.

                N'étant qu'un enfant, j'appelai mon papa; et mon papa n'était pas là. J'appelai ma maman: "Que quelqu'un me retienne !"... Et il n'y avait là pas de mère. Je ne faisais que descendre. Et ensuite, j'ai crié à Dieu; et il n'y avait là point de Dieu. Il n'y avait rien là !

                Plus tard, j'entendis le son le plus lugubre que j'aie jamais entendu, même un feu authentique serait un plaisir à côté de ceci.

                Or, ces visions n'ont jamais été fausses et ce fut une des impressions les plus horribles que j'aie jamais eues. J'entendis un bruit comme celui d'un lieu hanté, et à ce moment-là, je vis venir des femmes. Vous pouviez voir juste leur visage, elles avaient du machin vert autour des yeux et leurs yeux se prolongeaient par un long trait comme les femmes aujourd'hui qui se maquillent le visage. Etant un nouveau venu, j'étais entouré de ces créatures obsédantes. Cela ressemblait à de grands yeux, de grands cils ressortant comme cela dessinés comme ceux d'un chat, se prolongeant comme ceci et du vert, comme si cela s'était ulcéré et elles faisaient: "Hun, hun, hun".

                J'ai crié: "O Dieu, sois miséricordieux envers moi, sois miséricordieux, ô Dieu! Où es-Tu? Si seulement Tu me laisses retourner et vivre, je Te promets d'être un bon garçon". C'est la seule chose que je pouvais dire. Et maintenant Dieu le sait, au jour du jugement, Il me jugera pour cette déclaration.

                Quand je reçus ce coup de fusil, j'avais dit des mensonges, j'avais fait presque tout ce qui peut être fait. Et quand je vis que j'étais presqu'à moitié coupé en deux... je dis "O Dieu, sois miséricordieux envers moi. Tu sais que je n'ai jamais commis adultère". C'est la seule chose que je pouvais dire à Dieu. Mais je n'avais jamais accepté Son pardon et toutes ces choses.

                Quelques instants plus tard, j'étais revenu à la vie naturelle. Cette chose m'a profondément troublé. Et je sus qu'il y avait quelque part la région des damnés.

                Quand je suis revenu à moi... c'était huit heures plus tard. Ils durent m'en administrer une forte dose, parce qu'ils pensèrent que je ne me réveillerais pas.

                Et environ sept mois plus tard, je dus retourner pour que l'on extraie de mes jambes de la bourre de fusil de chasse et des parcelles d'habits sales et graisseux que le docteur n'avait pas enlevées. J'avais un empoisonnement du sang; j'avais les deux jambes enflées et repliées sous moi, et on voulait m'amputer les deux jambes à la hauteur de la hanche. Oh! je ne pouvais plus le supporter. Finalement, le Dr. Reeder et le Dr Pearl de Louisville opérèrent ici au Clark County Memorial Hospital. Et cette fois-là, quand je revins à moi, je pensai que je me trouvais dans l'Ouest. J'eus une autre vision: il y avait une grande croix dorée dans les cieux et la gloire de Dieu se déversait de cette croix. J'étais debout, les mains étendues comme ceci et cette gloire tombait dans ma poitrine. Et la vision me quitta.

 

 

Départ pour l'Ouest

 

 

                A l'âge de 19 ans, il décida de partir pour l'Ouest, afin de travailler dans un ranch. Un matin de septembre 1927, il dit à sa mère qu'il partait pour se rendre, en campant, à Tunnel Mill, localité située à environ quatorze miles au nord de Jeffersonville. Il craignait d'être retenu par elle, et ne lui donna de ses nouvelles que lorsqu'il se trouva bien loin, à Phoenix, dans l'Arizona. Pendant un certain temps, il jouit de la vie du ranch, mais les plaisirs du monde n'apportent que lassitude et il en eut bientôt assez. L'appel de Dieu pesait toujours sur son coeur et voici comment il s'exprime lui-même.

 

                Je me rappelle que lorsque j'étais un jeune homme d'environ dix-huit ans, je fuyais le Seigneur. Je partis dans l'Ouest. Mon père faisait du cheval, et je voulais partir dresser les chevaux. C'était quelque chose d'enraciné dans mon coeur.

 

             

   J'allai voir un prédicateur baptiste qui me dit: "Levez-vous simplement et dites: Jésus est le Fils de Dieu, et nous inscrirons votre nom dans le registre". Cela ne me satisfit pas.

                Je suis allé voir un Adventiste du Septième Jour, il me dit: "Billy, venez et acceptez le sabbat du Seigneur". Et je pensais: "Oh! ce n'est pas encore cela". Et je suis parti pour l'Ouest. J'arrivai un soir pendant la période du rassemblement du bétail. Vous savez, on retire la selle et le sac de camp, on pose le tout par terre et on utilise la selle comme oreiller. Cette nuit-là, je m'étais couché sous un pin. Je faisais la garde de jour, et l'équipe de nuit était partie ramener le bétail. Il y avait là "Slim", un Texan qui avait une guitare; il jouait: "Gloire à Son Nom". Un autre l'accompagnait au moyen d'un peigne et d'un morceau de papier, et soufflait là-dedans. Puis ils se mirent à chanter: "A genoux au pied de la Croix". Oh! je me retournai et mis ma couverture sur ma tête. Je regardai en l'air, on aurait dit que les étoiles étaient tout près, accrochées au sommet des arbres et des montagnes. Dans le bruissement de ces pins, je pouvais L'entendre me crier: "Adam, où es-tu ?".

                Environ trois semaines après cela, je descendis à la ville; tous mes compagnons s'enivrèrent, mais moi je ne buvais pas. (Et de toute manière, il fallait après cela, que je les empile dans la voiture et les ramène à la maison.) Après cela, ils sortirent et se mirent à se tirer mutuellement sur les pieds, et à faire d'autres jeux dangereux de ce genre. Puis ils tracèrent une ligne droite et parièrent cinq dollars qu'ils pourraient la suivre, alors qu'ils ne parvenaient pas à rester sur le trottoir! Quand ils avaient reçu leur paye, c'est ainsi qu'ils faisaient tant qu'ils avaient de l'argent.

                Moi, j'étais là au milieu de tous ces buveurs, et je me mettais à l'écart. Phoenix n'était alors qu'une petite ville, on y venait depuis Wickenburg. J'étais assis là, mon grand chapeau repoussé en arrière, quand une petite Espagnole s'approcha, passa devant moi et laissa tomber un petit mouchoir. Je lui dis: "Hé, vous avez laissé tomber votre mouchoir !" Elle ne m'intéressait pas. (2)

                J'entendis un peu de bruit en bas de la rue. Il y avait là un vieux bonhomme converti; il avait des marques de petite vérole sur toute la figure, et les larmes coulaient sur ses joues. Il chantait: "Gloire à Son nom !" en s'accompagnant d'une guitare. Puis il s'arrêta de chanter et me dit: "Frère, tu ne sais pas ce que c'est tant que tu n'as pas reçu ce Christ merveilleux. Gloire à Son nom !"Je rabattis mon chapeau et je partis. (3)

 

 

Une triste nouvelle

 

 

                Un jour, le jeune homme reçut de la maison une lettre, l'informant que son frère Edward était très malade. Il ne crut pas que la maladie fut si grave et il pensa qu'il s'en remettrait rapidement. Mais un soir, en rentrant au ranch, il apprit que son frère était mort. C'était celui qui venait directement après lui et il en éprouva un grand choc, réalisant qu'il ne le verrait plus ici-bas. Dès lors, il se fit en lui un changement rapide. Chaque fois qu'il résistait à Dieu, le chagrin le reprenait, mais lorsqu'il se soumettait et obéissait au Seigneur, il était béni et prospérait.

 

                "Lorsque je réalisai que mon frère était mort, je fus un moment sans pouvoir bouger. C'était le premier décès dans ma famille. Ma première pensée fut de me demander s'il était prêt. Je me rappelai les temps difficiles que nous avions vécus ensemble lorsque nous étions petits. Nous avions à peine de quoi manger. Je pensai à tout cela, me demandant où il était. Alors, Dieu m'appela de nouveau, mais je ne répondis pas.

                Je rentrai à la maison pour les funérailles. Le révérend Mac Kinney, qui est comme un père pour moi, prêcha et dit: "Il se peut qu'il y ait parmi nous quelqu'un qui ne connaisse pas Dieu. Qu'il L'accepte maintenant". Oh! Comme je me cramponnai à mon siège, Dieu était de nouveau à l'oeuvre! (C'était la première fois qu'il entendait des prières et un sermon). Je désirais retourner dans l'Ouest, mais ma mère me supplia si fortement de rester que je finis par céder, à la condition de trouver du travail. J'eus bientôt un emploi au service public de la compagnie de l'Indiana." (2)

 

                Il nous faut mentionner que frère Branham boxa entre les années 1929 et 1932 et il combattit dans 14 combats professionnels sans jamais en perdre un seul. Nous verrons plus tard que non seulement il était un homme rapide, mais aussi un tireur d'élite. Laissons frère Branham poursuivre sa biographie.

 

 

                Environ deux ans plus tard je fus intoxiqué par le gaz, en vérifiant le contenu du gazomètre de New Albany et j'en souffris pendant des semaines. Je me rendis auprès de tous les docteurs que je connaissais, mais sans aucun résultat. Je souffrais d'acidité à l'estomac, provoquée par cette intoxication, et mon état allait en empirant. Je fus conduit chez des spécialistes à Louisville, Kentucky. Pour conclure, ils déclarèrent que cela venait de mon appendice et qu'il fallait m'opérer. Je n'arrivais pas à le croire, n'ayant jamais ressenti la moindre douleur dans le côté. Mais les docteurs dirent qu'ils ne pouvaient plus rien faire pour moi, à moins d'opérer. Finalement je cédai, à la condition que ce soit fait sous anesthésie locale, car je désirais pouvoir suivre l'opération.

                Je voulais avoir auprès de moi quelqu'un connaissant Dieu. Je croyais à l'efficacité de la prière, mais je ne pouvais pas prier moi-même. C'est ainsi que le pasteur de la Première Eglise Baptiste vint avec moi dans la salle d'opération. Lorsqu'on me remit au lit, je me sentis devenir de plus en plus faible. Mon coeur battait à peine et ma respiration était toujours plus courte.

William Branham à 19 ans

                Je sus que la fin approchait. A ce moment-là, bien des choses me revinrent à la mémoire. Je savais que je n'avais ni bu, ni fumé que j'étais resté pur, mais je savais aussi que je n'étais pas prêt à rencontrer Dieu. Dans cette chambre d'hôpital, mes yeux s'obscurcirent et j'eus l'impression d'être dans de grands bois. Il me sembla entendre, dans le lointain, le vent souffler dans les feuilles. Le bruit se rapprochait de plus en plus et je pensai: "Bien, c'est la mort qui vient me prendre". Mon âme allait rencontrer Dieu. J'essayai de prier, mais ne le pus pas. Le vent se rapprochait, soufflant de plus en plus fort, les feuilles bruissaient et, tout à coup, je m'en allai. Il me parut être de nouveau un petit garçon, les pieds nus dans le pré, sous le peuplier. J'entendis cette même Voix me dire: Ne bois ni ne fume, et le bruit des feuilles était semblable à celui entendu la première fois. Je dis alors: "Seigneur, si c'est Toi, laisse-moi retourner sur la terre et je prêcherai Ton Évangile sur le toit des maisons et aux coins des rues. Je l'annoncerai à tous".

                Après cette vision, je me sentis mieux. Le chirurgien était encore là. Il vint vers moi et fut surpris, car il s'attendait à me trouver mort. Il dit: "Je ne suis pas homme d'église, ma clientèle est si nombreuse, mais je reconnais que Dieu a visité ce garçon". Si j'avais su ce que je sais maintenant, je me serais levé de mon lit en louant Dieu avec des cris de joie.

                Quelques jours après, je pus rentrer à la maison. J'étais encore malade et je dus porter des lunettes pour l'astigmatie. Ma tête branlait lorsque je fixais un moment quelque chose.(2)

 

 

                Quelques jours après sa sortie de l'hôpital, il décida de chercher Dieu, mais jusque là, il n'avait jamais eu d'éducation religieuse. Laissons-le nous raconter :

 

                J'étais décidé à chercher et à trouver Dieu. J'allai d'église en église, cherchant un milieu qui pratiquerait encore la bonne religion d'autrefois, mais c'est triste à dire, je ne le trouvai nulle part. (2)

                Etant d'origine irlandaise, donc catholique, j'ai pu constater que le catholicisme était corrompu, pourri. Alors j'allai dans une certaine église dénominationnelle de cette ville. Ils disaient: "Nous sommes le Chemin, la Vérité et la Vie. Nous avons tout cela".

                J'avais joué autrefois avec un petit garçon luthérien allemand. Je lui demandai: "A quelle église vas-tu ?" "Je vais à l'église telle et telle".

                J'y allai, et je vis qu'eux aussi disaient être le chemin. J'allai ensuite chez le frère Dale, de l'église baptiste. Ils me dirent: "C'est ici le Chemin !".

                "O mon Dieu !" dis-je, "Je suis tout embrouillé Je ne sais plus quoi faire. J'aimerais être dans la droiture". Je ne savais pas ce que je devais faire, ni comment me repentir. J'écrivis une lettre, je pensai: "Je L'ai vu dans les bois". Je Lui écrivis donc en ces termes :

                Cher Monsieur, parce que je chasse l'écureuil par ici, je sais que Vous passez par ce chemin-ci. Je sais que Vous passez par ici. J'aimerai Vous dire quelque chose...

                Mais une nuit, je devins si affamé de Dieu, et d'une réelle expérience, que j'allai dans la remise et me mis à genoux. Le sol était mouillé. Il y avait là une vieille charrette abandonnée. je me dis: "J'ai vu une image où les gens mettaient leurs mains ainsi". Ainsi agenouillé, je pensai: "Qu'est-ce que je vais dire? Il y a sûrement une façon de faire, mais je ne la connais pas". Je dis: "Cher Monsieur, j'aimerais que Vous puissiez venir et me parler juste un moment. Je voudrais Vous dire combien je suis mauvais".

                Je pensai: "J'aurais peut-être dû mettre mes mains comme cela". Alors je recommençai: "Cher Monsieur, je ne sais pas très bien comment m'y prendre pour faire cela; Voulez-vous m'aider ?".

                Et tous ces prédicateurs qui me disaient de me joindre à eux, affirmaient avoir reçu Jésus-Christ et disaient croire que Jésus était le Fils de Dieu. Les démons croient la même chose, c'est pourquoi je pensais: "J'ai besoin de quelque chose de mieux que cela".

                Je lus le passage racontant l'épisode de Pierre et de Jean qui, passant près de la Belle Porte, virent un homme boiteux de naissance. Pierre lui dit: "Je n'ai ni or ni argent, mais ce que j'ai, je te le donne...". Je savais que je n'avais pas cela.

                Alors, j'essayai de l'obtenir. Je ne savais pas comment prier. Je mettais mes mains d'une certaine manière. Je me prosternais comme ceci. Bien sûr, Satan entra en scène et vint me dire: "Tu vois? Tu as attendu trop longtemps! Tu as presque vingt ans. Il ne vaut plus la peine d'essayer !"

                Alors, je fus brisé et je me mis à pleurer. Alors, quand je fus vraiment brisé, je dis: "Je vais parler. Si Vous ne me parlez pas, moi je Vous parlerai de toute façon. Je ne vaux rien, j'ai honte de moi-même. Monsieur Dieu, je sais que Vous m'entendez quelque part. M'entendez-vous? J'ai honte de moi. J'ai honte de Vous avoir négligé !"

                A ce moment, je relevai les yeux, et une sensation étrange m'envahit. Une Lumière entra dans la pièce, formant une sorte de croix. Puis, une Voix, comme je n'en avais jamais encore entendu de ma vie, me parla. Je regardai vers cette Lumière, pétrifié, terrorisé. Je ne pouvais faire un geste. Je restai là, et je regardai. Bientôt la Lumière s'en alla.

                Je dis: "Monsieur, je ne comprends pas Votre langue! Si Vous ne pouvez pas parler dans la mienne... Je ne comprends pas ce que Vous me dites... Si Vous m'avez pardonné, alors je sais que je suis inscrit sur cette croix là-bas, que mes péchés se trouvent là. Si Vous voulez me pardonner, alors, revenez tout simplement et parlez-moi dans Votre propre langue. Ainsi, je comprendrai que je suis pardonné, même si Vous ne pouvez pas parler ma langue. Faites-Le revenir encore une fois".

                Et Elle revint! Ce fut comme si on m'avait ôté des épaules un poids de quarante tonnes! Je me mis à descendre le long du trottoir comme si je ne pouvais plus toucher terre.

                Il y avait derrière chez nous une voie de chemin de fer. Je me mis à courir et à sauter comme un fou sur cette voie. Je ne savais comment exprimer mes sentiments. Oh! si j'avais su pousser des cris d'allégresse! Je criais, bien sûr, mais à ma manière. Vous comprenez? (4)

 

                Bien qu'à ce moment-là, il ne savait pas exactement ce qui lui arrivait, plus tard il reconnaîtra que c'était le Baptême du Saint-Esprit. (5)

                Un ami très intime, le pasteur Pearry Green, plus tard ajoutera dans son livre "Les Actes du Prophète": "Il m'a dit une fois personnellement que cette expérience était comme si la pluie avait battu son corps et qu'il sut alors que Dieu l'avait baptisé de Son Saint-Esprit". (6)

                A la suite de cette expérience spirituelle, il fréquenta la mission baptiste dont le pasteur était le révérend Roy Davis. Il désira être baptisé du baptême chrétien. Malgré que cette assemblée baptisait dans les titres de Père, Fils et Saint-Esprit, frère Branham demanda au docteur Davis de le baptiser au nom du Seigneur Jésus-Christ.

                Une des premières choses qu'il réalisa était que, si Dieu le voulait dans le ministère, il devait toutefois le guérir. Voici son témoignage alors qu'il se rendit dans une église qui croyait dans l'onction d'huile pour les malades.

 

                Un ancien m'oignit d'huile et me dit de lire la Bible. Je vis que la Parole de Dieu était juste. Je sais qu'il avait raison, même s'il était un prédicateur baptiste.

                Il répandit de l'huile sur ma tête et dit: "Crois-tu maintenant que tu vas aller mieux ?". Je répondis :"Seigneur, je demande de tout mon coeur, laisse-moi guérir". Je retournai à la maison et commençai à manger. J'avais bu de l'eau d'orge et du jus de prunes pour à peu près 3 ou 4 mois. Le docteur avait dit: "Une bouchée de nourriture solide te tuerait tout de suite". Vous savez ce que j'ai fait? Je suis allé à la maison, nous avions du pain de maïs, des fèves et des oignons pour dîner. Je ne sais pas si vous avez mangé cela ou pas, mais c'est très bon.

                Nous n'avions jamais fait une prière dans notre maison. Mon père était catholique. Je dis: "Maintenant, je vais essayer de demander la bénédiction". Je n'oublierai jamais comment mon pauvre père se mit à pleurer. Ma mère répondit: "Ne te soucie pas d'avoir de la religion, chéri, mais pense à toi. Le docteur a dit que ça te tuerait". Je répondis: "Mais Dieu a dit que je vivrais, et si je meurs, je m'en vais à Votre maison, ô Dieu. Et quand je Vous rencontrerai à la porte, je serai mort en faisant confiance à Votre Parole. J'ai suffisamment eu recours aux médecins. Ils ne peuvent rien me faire de bien".

                Je pris une grosse bouchée de fèves et d'oignons et un gros morceau de pain. Je mâchai, c'était bon, un peu étrange parce que je n'avais rien mangé de solide depuis presqu'une année; et quand j'avalai ma première bouchée, cela remonta aussitôt. Je mis ma main sur ma bouche pour l'empêcher de sortir. Je pris une autre bouchée jusqu'à ce que je mange toute mon assiettée. Maman appela le docteur et dit: "Il va mourir, rien d'autre. Une seule bouchée va le tuer". Je me traînais sur le plancher.

                Elle demanda: "Comment te sens-tu ?"

                Je répondis "Merveilleux, bien".

                Elle répondit: "Tu vas mourir".

                Je dis "Non, maman", essayant d'avaler de l'eau chaude aussi vite que je pouvais. Je m'en allai dans ma chambre et commençai de cette façon-là: "Je peux, je serai, je crois que Jésus me guérit maintenant. Je veux Le prendre au mot..." Je devins si faible que je tombai sur le lit et pensai: "O pitié, pitié !"

                Le jour suivant, je me levai et descendis dans la rue. Ma mère était venue me veiller toute la nuit. Elle était sûre que je mourrais. Le matin suivant, toutes les fèves étaient restées là, à la même place !

                Elle me demanda: "Que veux-tu ?"

                "Je veux encore des fèves et du pain." Le diable ne va pas me tromper avec cela, non, Dieu l'a dit. Chaque promesse qui est dans le Livre est mienne, chaque chapitre, chaque verset, chaque ligne (...)"

                J'allai dans la rue, la bouche pleine de fèves, les ravalant. Je n'étais pas pour les restituer. Je les ravalais, le Seigneur les bénit, elles étaient miennes. Je continuai mon chemin. Quelqu'un disait: "Hello, frère Branham !"

                Je disais "Hello!a"

                "Comment allez-vous ?"

                "Merveilleux !"

                Quelqu'un m'a dit il n'y a pas longtemps que je mentais. Non, je ne mentais pas. Il me demandait comment mon corps se portait et je leur répondais que ma foi était merveilleuse. Ma foi se comportait merveilleusement parce que j'avais pris Dieu au mot. Je ne me souciais pas comment je me sentais, même si je vomissais encore, je disais que j'étais guéri. Amen! (7)

 

                Dans son livre: "Un homme envoyé de Dieu", frère Branham confesse que la guérison fut instantanée, et qu'à la suite, il chercha la face de Dieu, réalisant que tous ceux qui veulent travailler à l'oeuvre de Dieu doivent posséder la puissance du Saint-Esprit. Voici ses paroles :

 

                "Je vis alors que les disciples avaient quelque chose que la plupart des ministres n'ont plus aujourd'hui. Les disciples étaient baptisés du Saint-Esprit, de sorte qu'ils pouvaient guérir les malades et faire de puissants miracles en Son nom. Ainsi, je commençais à prier pour ce baptême de l'Esprit . Un jour, environ six mois plus tard, Dieu m'accorda le désir de mon coeur. Il me parla dans une grande Lumière, me disant d'aller prêcher et d'aller prier pour les malades et qu'Il les guérirait, peu importe la maladie qu'ils avaient. Je commençai alors à prêcher et à faire ce qu'Il m'avait dit."

 

                En moins de six mois après sa conversion, des préparatifs furent faits pour sa première réunion. Il commença des réunions sous la tente dans sa propre ville à Jeffersonville. Il fut estimé autant que 3000 personnes assistèrent dans une seule réunion et qu'un grand nombre furent converties. Ceci aurait été inhabituel même pour un ministre renommé, et pourtant c'était sa première campagne.

                A la cérémonie de baptême qui suivit la campagne, 130 personnes furent immergées dans l'eau. C'est à ce moment-là qu'une Lumière céleste apparut, alors qu'il baptisait. Voici ses paroles :

 

                "Je baptisais dans la rivière, dans le fleuve Ohio, mes premiers convertis, et à la dix-septième personne que je baptisais, je dis: "Père, comme je la baptise dans l'eau, toi, Tu la baptises du Saint-Esprit." Et juste alors, vint un tourbillon, là au-dessus dans les cieux, et aussi cette Lumière qui brillait. Des centaines et des centaines de gens se tenaient sur la rive à deux heures de l'après-midi au mois de juin. Et Cela se tint juste au-dessus de là où je me tenais, une Voix parla et dit: Comme Jean le Baptiste a été envoyé comme précurseur de la première venue de Christ, tu as reçu un Message qui annoncera la préparation de la seconde venue de Christ. Et cela m'épouvanta.

 

Bapteme dans la rivière Ohio en juin 1933. Une étoile apparut au dessus de lui alors qu'il allait baptiser la 17è personne

                Un important groupe de gens de couleur de l'église baptiste de Gilead Age et de l'église Lone Starila-bas, et beaucoup de ceux qui étaient là commencèrent à crier quand ils virent cela se passer; des gens s'évanouirent."

 

                Plus tard, dans le même mois de juin, frère Branham dirigeait des réunions dans le Masonic Hall de Meigs Avenue. Un dimanche matin, avant d'aller à la réunion, sept visions se succédèrent devant lui. Voici les détails rapportés dans son livre "Les sept âges de l'Eglise"(9)

 

                Le Seigneur Jésus me parla, disant que la venue du Seigneur était proche, mais qu'avant Son retour, sept événements de première importance devraient avoir lieu. Je les écrivis tous, et ce matin-là, je racontai la révélation du Seigneur. La première vision était que Mussolini envahirait l'Ethiopie, et que cette nation tomberait sous son autorité. Cette vision causa pas mal de remous, et certains se mirent fort en colère quand je la racontai, et ne voulurent point y croire. Mais pourtant, c'est ainsi que les choses se passèrent. Il entra dans le pays avec ses armes modernes, et prit le pouvoir. Les indigènes n'avaient aucune chance de pouvoir le repousser. Mais la vision dit aussi que Mussolini aurait une fin horrible, et que son peuple se retournerait contre lui. Tout se passa exactement comme cela avait été dit.

                La vision suivante me montra qu'un Autrichien du nom d'Adolph Hitler s'élèverait et deviendrait le dictateur de l'Allemagne, et qu'il conduirait le monde à la guerre. Elle montrait la ligne Siegfried, et comment nos troupes auraient un effort terrible à faire pour la briser. Ensuite, elle montra que Hitler aurait une fin mystérieuse.

                La troisième vision me fit voir la politique mondiale, car elle me montra qu'il y aurait trois grands ISMES: fascisme, nazisme, communisme, mais que les deux premiers seraient absorbés par le troisième. La voix m'exhortait: Observe la Russie! Observe la Russie! Garde les yeux fixés sur le roi du nord !

                La quatrième vision me montra les grands progrès que ferait la science après la deuxième guerre mondiale. Elle fut couronnée par l'apparition d'un véhicule dont la partie supérieure avait l'apparence d'une bulle de plastique. Il était téléguidé sur des routes magnifiques, et n'avait pas de volant, de sorte que les gens assis à l'intérieur jouaient à un jeu quelconque pour passer le temps.

                La cinquième vision concernait le problème moral de notre âge, centré principalement sur les femmes. Dieu me montra que les femmes commencèrent à quitter leur position lorsqu'elles reçurent le droit de vote. Ensuite, elles se coupèrent les cheveux , ce qui signifiait qu'elles n'étaient plus sous l'autorité d'un homme, mais insistaient pour avoir des droits égaux, ou dans la plupart des cas, des droits supérieurs. Elles revêtirent des habits, jusqu'au moment où la dernière image que je vis était celle d'une femme nue, à l'exception d'une sorte de petit tablier grand comme une feuille de vigne. Par cette vision, je vis la terrible perversion du monde entier, et son état moral.

                Dans la sixième vision, s'éleva en Amérique une femme de la plus grande beauté, mais une femme cruelle. Elle tenait le peuple dans une entière soumission. Je crus que cela signifiait la montée au pouvoir de l'Eglise catholique romaine, mais je savais qu'il était possible qu'une femme, élue par les femmes lors d'un vote populaire, prenne réellement le pouvoir.

                Pendant la septième et dernière vision, j'entendis une énorme explosion. Je me retournai et ne vis plus que décombres, cratères et fumée sur tout le territoire des Etats-Unis.

 

(1) - les âmes qui sont maintenant en prison, Jeffersonville, Indiana, 1963.

(2) - Un homme envoyé de Dieu, Gordon Lindsay.

(3) - L'âge de Sardes, Jeffersonville, Indiana, 1960.

(4) - William Marrion Branham, page 23.

(5) - Questions et réponses, 1961.

(6) - Les actes du prophète, Pearry Green, page 40.

(7) - Expériences, Phoenix, Arizona, 1947;

(8) - Un prophète visite l'Afrique, page 13.

(9) - Les sept âges de l'Eglise, page 382.

 

 

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