GUERISONS miraculeuses en Afrique : Le Chef d'un village de brousse(Burkina-Faso)



Le chef d'un village de brousse





Nous arrivons dans un nuage de poussière rouge. Le vieux bus que j’ai loué a de la peine à se frayer un chemin sur cette piste pleine de trous.


Mais nous arrivons, c’est le principal. Un pasteur nous a invités. Il est très découragé car les gens de ce village sont pour la plupart des voleurs. C’est connu de tout le pays. Il n’a pas construit d’église car il n’en a pas les moyens. Il vient encore de se faire voler deux chèvres. Et il n’a pas beaucoup de fidèles.


En fait son église, c’est deux vieux murs de terre et deux parois en paille tressée. Le toit est aussi en paille. Ils sont une dizaine de personnes à louer Dieu ici chaque dimanche.


L’accueil est chaleureux. Le pasteur, tout maigre nous conduit jusqu’à un local qui aurait dû devenir une école. Mais le projet à été abandonné, aucun prof ne veut venir habiter ce coin perdu de la brousse.


 

Nous installons nos lits dépliants et allons vite prendre une douche.



La douche, en brousse, c’est tout le temps un seau d’eau et une savonnette au milieu de rien, parfois derrière un mur de terre.

Le soir arrive et nous installons la sono. La musique attire toujours le monde.


Au bout d’une heure, il y a déjà deux cents personnes qui attendent debout. Nicolas Sawadogo, mon ami et interprète me dit qu’on va encore attendre une heure de plus. Je suis gêné pour ces gens qui attendent debout.


Mais Nicolas connaît son pays. En effet, une heure plus tard il y a plus de cinq cents personnes sans compter une foule de gamins qui courent dans tous les sens. Nicolas commence la réunion en racontant qui nous a invités dans ce village et ce que nous sommes venus faire. Puis il chante un cantique que la poignée de chrétiens présents reprennent en chœur.


Les enfants l’apprennent vite et il y a rapidement une très bonne ambiance sur ce terrain, au milieu du village. La nuit est tombée et les néons se chargent sans peine à attirer des milliers de moustiques.


Mais la lumière attitre aussi des gens. Ceux qui n’étaient pas encore arrivés à cause de la musique, arrivent grâce à la lumière. Il n’y a pas d’électricité ici et, voir le village éclairé est une fête. Nicolas parle en Moré, langue du pays. J’entends qu’il doit parler de moi car il dit et répète le mot « nassara » Ce mot signifie « blanc ».


Il leur parle du blanc, explique que je suis venu de loin pour apporter une bonne nouvelle et que je prierai pour les malades à la fin . C’est une bonne nouvelle pour ces gens car il n’y a pas de médecin, ni de dispensaire et les malades souffrent sans soin depuis toujours.


Je me lève, je commence à prêcher, Nicolas me traduit. Je sens que ces gens ne croient pas ce que je leur dit. Je sens comme une barrière, alors que je parle de Jésus-Christ, le sauveur du monde.Je parle encore un moment, et en moi-même je me demande si je ne vais pas être obligé de faire un acte de foi pour convaincre ces gens que Jésus est infiniment plus puissant que les sorciers locaux.


Voyant qu’ils sont à peine attentifs à ce que je dis, je me lance par la foi. Je dis :



« Ecoutez-moi. Dieu va faire un miracle pour vous prouver que ce que je vous dit est vrai. Si vous voyez un miracle, allez-vous croire que Jésus est le Dieu tout puissant ? »Les gens se regardent, il y en a qui rient.Je demande le silence afin de pouvoir prier mon Dieu tout puissant.

Ils se taisent tous, ils attendent. Je regarde Nicolas, il sait très bien ce que je pense et ce que je ressens. Je n’ose pas regarder le pasteur qui est assis trois mètres derrière moi. Je ferme les yeux et remercie Dieu pour tous ces gens qui sont là.


Je Le loue de ce qu’Il m’exauce toujours et le prie de m’assister alors que je vais ordonner aux esprits de maladie qui torturent ces gens de sortir d’eux. Puis j’ouvre les yeux.


D’une voix forte j’ordonne, au Nom de Jésus-Christ, à tout esprits de maladie de quitter ces corps.


J’ai à peine terminer ma phrase qu’un hurlement monte de la foule.


Les amis qui sont avec Nicolas et moi se précipitent pour aller voir ce qu’il se passe. Quelques instant après ils arrivent en tenant un homme par les mains. Il doit avoir dans la trentaine. Il est très agité. Je demande ce qu’il s’est passé. Il raconte, on me traduit. Il était sourd et tout à coup il a entendu tous les bruits, ma voix, très fort, et il a eu peur. Il parle très bien. Je demande comment il se fait qu’il parle aussi bien. Il dit qu’il n’a pas toujours été sourd, mais que la méningite l’a rendu sourd. Il pleure. Je pleure. Toutes les personnes sont autour de nous, c’est un peu la panique. Nicolas ordonne à chacun de retourner à sa place. Dans un nuage de poussières tout ce monde se retire. Nicolas me regarde et dit : « Vas-y Michel, prêche, maintenant ils t’écouteront et te croiront. »


En effet presque la totalité des personnes présentes reçoivent Jésus-Christ ce soir là. C’est comme une grande fête. C’est la joie, ce sont les cris, les embrassades. Plusieurs autres personnes sont guéries, mais il y a un tel désordre que je n’arrive pas à savoir qui, et de quoi elles ont été guéries. Mais peu importe, pourvu que ces gens aillent mieux et que Jésus soit glorifié.


Nicolas me dit que je devrais aller me reposer. Ce que je fais avec joie. Je pars ma torche à pile à la main. Les gens me respectent trop pour me suivre. Mais comment voulez-vous dormir avec au cœur toutes ces émotions toutes fraîches ?


Le lendemain, selon la tradition, nous devons aller saluer le chef du village. Nous nous rendons vers une espèce de mur devant lequel se trouve une pierre qui a une vague forme de trône. Il y a un petit passage à travers le mur.


Nicolas me dit que c’est par là que le chef passe et que personne d’autre n’a le droit de passer par là, parce que cet homme est sacré. Nous attendons une heure. (A chacun son tour d’attendre…)



Le chef du village Finalement un vieux monsieur tout de blanc vêtu arrive. Il s’assied. Les anciens du village sont tout autour de nous. Les plus jeunes se tiennent à l’écart, et plus loin encore , se sont les femmes qui regardent

Nicolas fait les présentations. Puis nous bavardons de tout et de rien. Je suis à court d’idées, je ne sais plus que dire à ce vénérable vieillard.


Et comme je le trouve très beau, je lui demande si je peux le prendre en photo. Je dis : je serai tellement content de montrer votre photo à mes petits enfant en France, et l’année prochaine, je vous en apporterai un exemplaire. » Il me dit (et tout cela est traduit par Nicolas) qu’il est d’accord pour que je le prenne en photo, mais que cela ne servira à rien de lui en apporter une, étant donné qu’il est aveugle.


Et là je m’entends lui dire : comme c'est triste. Mais savez-vous que Jésus-Christ est Tout-Puissant pour vous guérir ? » Et il répond avec une grande simplicité : « Je le sais, puisqu’il a guéri mon fils hier soir lors de votre réunion. »


L’homme sourd… c’était donc le fils du chef !


Je lui demande s’ il accepte que je prie pour lui en lui imposant les mains au Nom de Jésus-Christ le Seigneur Tout Puissant. Nicolas me dit discrètement que je n’ai pas le droit de le toucher, car il est sacré.


Je redemande cependant s’ il permet que je le touche au Nom de Jésus-Christ. Il accepte avec joie. Je mets un peu de salive sur mes pouces et touche ses paupières au Nom de Jésus-Christ. J’ôte mes pouces et lui demande ce qu’il voit.


Il voit, mais ce n’est pas très net. Je prie à nouveau. Et là, il voit très bien. Il demande alors qu’on lui amène ses enfants et petits enfants afin qu’il les regarde. C’est la joie ! c’est merveilleux ! Dieu est bon ! Alléluia ! Je ne veux pas décrire ces moments car ce sont des choses si précieuses, des émotions et des retenues mélangées à des élans de cœur, que les mots qu’on mettrait dessus les amoindriraient inévitablement. Nous prenons congé et allons manger quelque chose. (En fait, là bas, je ne mange que des boîtes de conserves…)


Le soir arrive et il y a plus de mille personnes. C’est l’excitation générale. Beaucoup reçoivent Jésus-Christ comme Sauveur. Puis on m’amène une fillette d’environ douze ans qui est sourde et muette. Après la prière elle répète tous les mots que je lui dis. Un homme se met à crier et à courir. Il revient cinq minutes après. Il tient une petite fille par la main. Elle doit avoir huit ans. Elle est sourde et muette, elle aussi.


Ce papa a été témoin du miracle qui vient de se produire et il a été chercher sa fille malade pour que je prie Jésus de la guérir. Elle aussi est délivrée et entend parfaitement et peut aussi répéter ce que nous lui disons. Que Dieu soit loué ! Un monsieur me dit que son fils et fou et qu’il est dangereux au point qu’il est continuellement attaché à un arbre avec une chaîne. Il me demande d’aller vers lui, car il ne peut pas le conduire jusqu’ici.


Je me déplace, et une grande foule se déplace avec nous pour voir le miracle. Arrivé devant ce jeune homme, j’ordonne, au Nom de Jésus-Christ aux démons de le quitter. Le jeune homme se roule par terre, puis se calme et demande pourquoi il est attaché. Son papa s’approche de lui et il se met à pleurer. Son fils est délivré ! Gloire à Dieu ! Le jeune homme a faim. Et ils s’en vont tous les deux pour aller manger ensemble. La foule crie des Alléluia formidables. C’est si beau de voir cela. Hier encore ils ne connaissaient rien de Jésus, ils étaient tous dans les ténèbres de l’animisme, de l’islam mélangé à la sorcellerie. Nous terminons la réunion en enseignant bien ces gens afin qu’il n’y ait aucune confusion. Ce n’est pas Michel Genton qui fait les miracles, c’est Jésus-Christ. Puis, je m’éclipse pour aller me reposer un peu. Impossible de fermer l’œil. Ils ont joué du tam tam jusqu’au lever du soleil ! Après un petit déjeuner, nous nous apprêtons à quitter le village. Nous avons encore tant d’autres villages à éclairer avec la Lumière du Christ.


Alors que nous chargeons le bus, une femme arrive, tenant une veille dame par la main. Nicolas me traduit ce qu’elle dit :


« Hier soir elle a demandé la guérison pour elle-même, mais rien ne s’est passé. Cela fait des années qu’elle souffre dans tout son corps. C’est comme des brûlures. Elle est rentrée toute triste dans sa case, mais ce matin elle s’est réveillée et a constaté qu’elle ne souffre plus du tout. Cela fait des années qu’elle ne s’est pas sentie aussi bien. Elle remercie Dieu de m’avoir conduit jusqu’ici et demande si je pourrais prier pour sa vieille maman qui est aveugle.


Les frères sont toujours en train de charger le bus à trois mètres derrière nous. Ils font du bruit. Mais je n’y fais pas trop attention. Je mets un peu de salive sur mes pouces et les pose sur les yeux de cette dame au Nom du Seigneur Jésus-Christ. Et là, dans le petit matin, avec le soleil levant c’est le jour qui vient sur les yeux cette vielle dame, elle est guérie, elle sautille de joie sur ces vieilles jambes. Elle prend le visage de sa fille dans ses deux mains, elles se dévisagent, elles rient tout en pleurant. Nicolas et moi, nous nous regardons en souriant. Mais qu’est-ce qu’on a fait au Seigneur pour qu’Il nous exauce comme cela et nous remplisse d’une telle joie sainte ? La vie est belle avec Jésus c’est vrai ! Le bus est chargé, nous remercions Dieu, saluons le pasteur et reprenons le chemin. Personne ne m’a volé… Cependant, c’est dans ce village que j’ai perdu mon alliance. J’ai dû la perdre en me douchant. Il faut dire que j’ai tellement maigri. J’en ai racheté une plus belle en rentrant à Paris, et voilà…


Il y a deux ans de cela. Maintenant, il y a une église dans ce village. Et ils attendent que j’y retourne. Peut-être en 2008…si Dieu le veut…





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